Crédit bancaire : Quelle est l'importance ?

L’investissement est une décision stratégique et à ce titre s’insère dans la politique générale de l’entreprise. Pour satisfaire les besoins de cette dernière, elle doit investir donc engager des capitaux pour l’acquisition des moyens de production qui lui permettra de réaliser des profits futurs et de lui assurer le remboursement des fonds investis.

Afin de financer ces investissements les entreprises font appel aux crédits bancaires, les crédits d’investissements peuvent être définis comme étant des crédits destinés à financer la partie haute du bilan (les immobilisations), ils sont nés des besoins de financement souvent très importants éprouvés par l’entreprise durant son cycle de vie et qui ne pouvaient pas être couverts ni par l’autofinancement ni par l’épargne publique. Ces types de crédits sont remboursés par les bénéfices générés par les éléments qu’ils financent.

 Généralités sur le crédit

Le crédit peut avoir pour objet le financement des investissements des entreprises et des particuliers. Il permet de faire face à tous les décalages, entre les recettes et les dépenses quel que soit l’origine des unes et des autres. L’octroi d’un crédit suppose de la part du débiteur l’engagement de le rembourser à l’échéance qu’il ne sera accordé que si le créancier aura confiance en la solvabilité du débiteur.

Quelle est la différence qui existe entre le crédit et le crédit bancaire ?

  • Crédit

Faire crédit, c’est faire confiance, c’est croire à la parole donnée par l’emprunteur qu’il restituera après un certain délai la chose ou le bien prêtée. L’objet de crédit peut être un bien matériel, une marchandise ou une somme d’argent, un pouvoir d’achat dont le propriétaire n’a pas l’utilisation immédiate, et qu’il met à la disposition de quelqu’un d’autre, qui en a lui besoin. Nous distinguons deux approches qui définissent le crédit :

  •  Crédit bancaire

« Le crédit est une opération qui permet au débiteur de différer son paiement ou qui permet à un agent économique de disposer pendant un certain temps de fonds qui sont mis à sa disposition par un autre agent. Le plus souvent le créancier obtient une rémunération (intérêt) versée par le débiteur »

Lisez aussi les risques de crédit bancaire

A. Définition économique

Le mot crédit vient de mot latin « credere » qui signifie « croire, faire crédit c’est faire confiance », d’une façon générale le crédit résulte de la combinaison de trois éléments : le temps (durée), la confiance et la promesse ». Autrement dit le crédit est un acte qui permet à une personne de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne, avec une rémunération de service rendu et les risques en courus. Le crédit est l’essence de la création de richesse, il contribue à l’expansion de l’activité économique en générale et pour cela, on peut dire que le crédit joue un effet multiplicateur sur l’activité humaine. Ainsi, le crédit exige l’existence ou la rémunération des quatre supports indispensables l’un de l’autre à savoir le temps, la confiance, le risque et les garanties.

Quel est le rôle d'un crédit bancaire?


Le crédit est un moteur de l’économie, c’est un facteur important du développement des entreprises. Il permet de faire face à tous les décalages entre les recettes et les dépenses quelques soient leurs origines. Le crédit joue un rôle considérable dans les économies modernes car il » :

Ø  Permet d’accroitre la qualité de production ;

Ø  Met à la disposition d’une personne un pouvoir d’achat immédiat, ce qui facilite les échanges entre les entreprises et les particuliers ;

Ø Permet d’assurer la continuité dans un processus de production et de commercialisation ;

Ø  Est un moyen de création monétaire.

     Quels sont les caractéristiques du crédit bancaire

Le crédit c’est du temps et de l’argent que la banque prête, elle prête du temps en attendant de l’argent, elle prête de l’argent en attendant le temps. En peut alors affirmer et mettre en équation la combinaison de quatre éléments qui peuvent nous donner le sens exact du mot

Crédit : la confiance, le temps, la rémunération et le risque.

Lisez la gestion des risques de crédit bancaire

1.La Confiance

« Faire crédit signifie faire confiance et la pratiquée sur une longue période de la relation de crédit crée un climat de confiance entre les protagonistes ». Cette confiance est basée non seulement sur la solvabilité de l’emprunteur mais aussi sur son honnêteté et sa compétence dans son activité professionnelle.

Le client, de son côté, doit être convaincu que la banque ne lui retirera pas son appui au moment où il en aura besoin et qu’elle fera un usage strictement confidentiel des renseignements sur son bilan et la marche de son entreprise. La confiance est la base principale du crédit. Le banquier croit au remboursement ultérieur de ses avances ou de l’accomplissement des obligations par son client.

2.Le temps

Il n’y a crédit, en effet, que dans la mesure où se produit un décalage entre deux prestations : l’une, celle du créditeur, est actuelle, l’autre, celle du crédité, est retardée dans le temps, différée. Le temps du crédit bancaire sera ainsi, à la fois, celui où se constituera la rémunération du préteur et celui nécessaire à l’emprunteur pour rembourser.

3. La rémunération

La convention de crédit contient généralement l’indication des rémunérations réservées à la banque. Il s’agit essentiellement du taux d’intérêt et des diverses commissions qui peuvent être prévues en fonction des services rendus.

Les crédits qui comportent des décaissements sont rémunérés par des intérêts proportionnels au montant des capitaux avancés, par contre les crédits qui ne comportent pas des décaissements (crédit par signature), sont rémunères par une commission.

4. Le risque

Le risque crédit est le premier des risques auxquels est confronté un établissement financier. C’est le risque de perte auquel la banque est exposée en cas de défaillance d’une contrepartie, il désigne le risque de défaut d’un emprunteur face à ses obligations.

Donc le banquier doit nécessairement évaluer le risque avant de donner une suite à la demande de financement. Le risque de non remboursement qui est appelé risque d’insolvabilité de l’emprunteur est inhérent à toute opération de crédit. La maitrise de ce risque suppose une double compétence, la première concerne une parfaite connaissance des procédés d’analyse des dossiers de crédit, la seconde en matière de gestion, oblige à une surveillance attentive des concours à la clientèle. Le risque encouru par le banquier prêteur se situe à quatre niveaux :

 A. Le risque individuel : C’est un risque particulier à l’entreprise, il est en fonction de la situation financière. Cela concerne les affaires qui manquent de ressources, qui sont endettées, qui possèdent les installations industrielles vétustes et affichent des frais généraux excessifs.

 B. Le risque général : C’est celui qui provient des phénomènes de grande ampleur, événements naturels, politiques ou économiques.

 C. Le risque sectoriel : Il réside essentiellement dans les brusques changements qui peuvent se produire dans les conditions d’exploitation d’une activité (pénurie de matières premières, effondrement des prix………).

 D. Le risque pays ou risque souverain : Il est lié à la probabilité de non-paiement des créances par débiteurs résidant dans des pays jugés à risques et sont généralement qualifiés « à risque », les pays en situation politique ou économique délicate, ou encore, les pays victimes de catastrophes naturelles. « C’est dans l’intérêt de diminuer les risques que les banques ont un certain penchant au crédit à court terme ou aux crédits alloués aux activités rentables en elles-mêmes ».

Typologie de crédits bancaires

Pour satisfaire les différents besoins de clients (entreprises et particuliers), la banque doit répondre présente en attribuant des crédits. Ces derniers peuvent être destinés soit au financement du cycle d’exploitation de l’entreprise ou, à la réalisation de ses programmes d’investissement, soit affectés aux particuliers.

1. Crédit d’exploitation

Ce type de crédit est destiné à rééquilibrer l’équation de trésorerie, c’est-à-dire qu’un déficit de trésorerie s’il existe, peut être comble par des crédits. Deux grandes catégories de concours sont destinées à financer les besoins de financement à court terme, les crédits de trésorerie et les crédits de mobilisation des ventes.

2. Les crédits de trésorerie : Le crédit de trésorerie est un type particulier de crédit à court terme, il permet à une entreprise de disposer provisoirement de la trésorerie nécessaire pour son fonctionnement, sous réserve d’un remboursement à un bref délai, on en distingue plusieurs types :

  • *      La facilité de caisse : elle finance des décalages de trésorerie de court terme durée entre les dépenses et les recettes liées au cycle d’exploitation, l’avance en compte consentie par le banquier est remboursée par le simple jeu des rentrées prévues.16
  • *      Le découvert bancaire : à la différence de la facilite de caisse, le découvert est une avance de trésorerie permanant. Le banquier accorde ce type de concours lorsque sa durée est estimée de façon augmentée et limitée dans le temps durée est limitée à un an au maximum éventuellement renouvelable Le crédit de compagne : le crédit de compagne est accordé dans le cas où les cycles de fabrication et /ou de vente de l’entreprise sont saisonniers. Les recettes sont concentrées sur une très courte période de l’année, alors que pour les dépenses, elles s’attendent tout au long de l’exercice.
  • *      Le crédit de compagne : le crédit de compagne est accordé dans le cas où les cycles de fabrication et /ou de vente de l’entreprise sont saisonniers. Les recettes sont concentrées sur une très courte période de l’année, alors que pour les dépenses, elles s’attendent tout au long de l’exercice.

3. Les crédits de mobilisation de ventes : le crédit de mobilisation des ventes est une expression qui désigne pour une entreprise le fait de céder les créances qu’elle détient à une institution financière afin d’obtenir de celle-ci un financement. Le crédit de mobilisation comporte plusieurs types dont l’escompte, l’affacturage et la loi Dailly.

  • *      L’escompte : son principe est le suivant ; une vente, compte tenu des détails de paiement accordés par une entreprise à son client, se matérialise par le tirage d’une lettre de change (de 30 à 90 jours).si cette entreprise a des besoins de trésorerie avant l’échéance de la traite, elle vend sa créance à la banque par le jeu d’un endos translatif de propriété et au recours cambiaire.
  • *      L’affacturage : le principe de ce produit encore peu connu repose sur le transfert des créances commerciales d’une entreprise sur une société d’affacturage changée de recouvrement.
  • *      La cession de créance « La Loi Dailly » : l’objectif de la loi Dailly est de faciliter l’accès aux crédits pour les entreprises en constituant un régime simplifié de cession de créance en pleine propriété à titre de garantie et en permettant la cession des créances dès leur naissance (la facturation).

4. Crédit d’investissement

Les crédits d’investissement sont destinés à financer la partie haute du bilan, entre autres les immobilisations, outil de travail de l’entreprise. Le remboursement de ces crédits ne peut être assuré que par l’enjeu des bénéfices. Les crédits d’investissement se décomposent en crédits à moyen et à long terme. Il existe une autre forme de crédits permettant à l’entreprise d’acquérir des investissements, c’est le crédit-bail appelé aussi leasing.

 5. Crédit à moyen terme : D’une durée de deux (02) à sept (07) ans, les crédits à moyen terme, destinés à financer les investissements, sont accordés soit par une banque seule, soit par une banque en concours avec un établissement spécialisé.’ Il existe une relation entre la durée du financement et la durée de vie du bien financé. Il faut éviter, dans tous les cas, que la durée du financement soit plus longue que la durée d’utilisation du bien que le crédit à moyen terme finance. Celui-ci s’applique donc à des investissements de durée moyenne tels que : véhicules et machines et de façon plus générale, à la plupart des biens d’équipement et moyens de production de l’entreprise. La durée de prêt doit cependant tenir compte des capacités financières de l’entreprise. Celle-ci, en effet, pendant cette période, doit pouvoir non seulement assurer le remboursement du crédit, mais encore le paiement des intérêts.

6. Crédit à long terme : le crédit à long terme a une durée de 8 à 20 ans. Il finance les immobilisations lourdes, notamment des constructions. Les banques accordent peu de ce type de crédit, en raison de son long délai de remboursement qui nécessite des ressources de durée compatible. Toutefois, les banques font de la transformation en effectuant des ressources à court terme dans des financements long terme, dans l’espoir qu’il y aurait toujours de nouveaux dépôts même à vue qui viendraient en substitution à ceux immobilisation dans les crédits à long terme.

 7. Crédit-bail : venu des Etats-Unis (leasing), crédit-bail permet aux entreprises d’obtenir un financement à 100% de leur investissement mobilier et immobilier.

C’est un contrat de location d’un matériel pour une durée convenue d’avance et assorti d’une promesse unilatérale de vente fin de contrat. L’établissement financier achète le matériel au fournisseur et le met à la disposition de son client pendant une période de location irrévocable et contre le paiement d’un loyer fixé à l’avance.

A l’échéance, trois options sont Possibles :

*      L’achat du bien contre un prix convenu au départ (appelé valeur résiduelle 1 à 7%)

*      Le renouvellement éventuel de la location pour une durée courte ;

*      La restitution pure et simple du bien.

 

8. Crédit aux particuliers

Il s’agit de différents types de crédit que les particuliers utilisent pour financer des besoins très variés, on repère notamment plusieurs pratiques, les plus important sont : le crédit à la consommation et le crédit immobilier.

 9. Le crédit à la consommation : C’est la catégorie de crédit accordée à des particuliers par des établissements bancaires pour financer les achats de biens et services, comme les grosses dépenses en biens d’équipements (automobile, équipement de maison). Il se caractérise par des montants de prêt plus faible, une durée de remboursement relativement courte.

 10. Le crédit immobilier : désigne d’une manière générale un emprunt destiné à financer tout ou une partie de l’acquisition d’un bien immobilier, de l’opération de construction, ou des travaux sur le bien. Ce genre de crédit est destiné au particulier pour l’achat, la rénovation, ou pour faire des travaux de construction. A partir de ce qui a été développé dans ce chapitre, nous avons constaté l’importance de la banque à travers sa fonction d’intermédiation financière entre les dépositaires et les emprunteurs ainsi que son influence de manière directe et indirecte sur le développement économique d’un pays.

La banque propose une gamme de produits en matière de crédits pour les agents économiques afin de réaliser leurs projets. Le domaine du crédit est aussi vaste. Enfin, nous pouvons dire que le banquier doit connaitre et maitriser l’art du crédit, mais cela ne peut se réaliser qu’après une étude de la situation financière et patrimoniale de l’entreprise elle-même, de ses capacités de remboursement, et de la rentabilité de projet lui-même, c’est ce que nous allons voir dans les chapitres suivants.

NB: le crédit reste un moyen par excellence de boostage de l'économie ,ce qui veut  dire que le crédit aide les entrepreneurs à développer leurs affaires et celui ci est basé sur la confiance que le prêteur porte à l'entrepreneur.